Le carnaval à Manaus et ailleurs

Une célébration brésilienne unique

De nombreux lecteurs brésiliens m’ont contacté pour exprimer leur mécontentement concernant l’importance excessive que j’attribuais au carnaval de Rio de Janeiro. Je reconnais ma faute, car le temps et l’espace me manquent souvent pour évoquer les festivités qui animent le Brésil, du Nord au Sud, marquant l’entrée en Carême avec une belle dose de fête et de réjouissances. Aujourd’hui, faisons un tour d’horizon des différents carnavals au Brésil.

Manaus : un carnaval vibrant

Commençons par Manaus, la chaleur tropicale, où mon amie blogueuse Ana Célia Costa met en avant la ville sur son site agréable « Prestenção! ». Manaus dispose de son propre Sambodrome, attirant cette année 100 000 spectateurs par jour pour les défilés. Le carnaval ici est connu sous le nom de « Carnaboi », en lien avec la tradition de la Bumba Meu Boi, une autre grande célébration dont nous parlerons plus tard. En plus de la samba, on peut entendre les rythmes du Boi-Bumbá do Garantido et do Caprichoso, sans oublier le forró, le carimbô et la spécialité locale (certainement sujette à débat !) : le tecno-brega. Voici une vidéo filmée cette semaine par Ana Célia.

São Paulo : la ville qui se fait entendre

Depuis plusieurs années, São Paulo, la méga ville économique, fait de grands efforts pour rivaliser avec le carnaval de la Cidade Maravilhosa. Je ne partage pas l’avis d’Antony, un blogueur français de Rio, qui se moque des « pitoyables tentatives de ces laborieux paulistas, qui ne sont bons qu’à travailler sous le ciel sombre et pollué ». Le défilé gagnant de cette année, l’école de samba Vai Vai, ainsi que sa performance « A musica venceu », représentent Sampa, même si en matière de carnaval de rue, on en trouve effectivement de meilleurs. De surcroît, la taille de la ville complique la vie des fêtards.

Des traditions riches à Olinda et Recife

Olinda est renommée pour son carnaval traditionnel, tandis que la vieille capitale du Nordeste, Recife, est chaque année rythmée par le tempo énergique du frevo. À Salvador, on ne peut échapper aux maracatus des incroyables batucadas d’Olodum et Timbalada, ni à l’axé d’Ivette Sangalo et de ses collègues. À São Luis du Maranhão, on se croirait presque à Kingston, en Jamaïque (mais avec une ambiance plus agréable). À Ouro Preto, un important site touristique de Minas Gerais et ville universitaire, il semblerait que le carnaval soit largement dominé par la farine (et pas celle que l’on utilise dans les pâtisseries). À Vitoria, à Belem, et dans toutes les grandes villes, la fête se déroule aussi intensément qu’à Rio.

À l’écart de l’effervescence

Partout, sauf dans quelques havres de paix destinés à ceux qui ne souhaitent pas se mêler à la foule, qui redoutent de se laisser emporter par l’exubérance et préfèrent se tenir à l’écart de la « populace » : Paraty, par exemple, où on s’efforce de ne rien célébrer dans le centre historique piéton, tandis que dans la « véritable » ville, les festivités s’animent tout autant qu’ailleurs !