Découvrir le carimbó

Une rencontre avec le carimbó à Rio de Janeiro

Souvent considéré comme le reflet vibrant des sonorités brésiliennes, Rio de Janeiro m’a permis de plonger dans le monde du carimbó. C’est au Centrô de Referencia da Musica Carioca, situé à Tijuca, que j’ai eu la chance de découvrir cette musique amazonienne, grâce à la performance captivante du Trio Manari, en collaboration avec le chanteur Marco André.

Les origines du carimbó

Le terme carimbó trouve son origine dans un tambour particulier : le curimbó. Ce dernier était historiquement fabriqué en creusant directement le tronc d’un arbre d’une hauteur impressionnante de trente mètres. La peau utilisée pour cet instrument provenait d’un sucuri, un serpent géant, ce qui lui conférait un poids d’environ soixante kilos. Aujourd’hui, les versions modernes sont beaucoup plus faciles à manipuler, utilisant un assemblage en tonneau et du cuir de vache.

Les racines culturelles du carimbó

Inspiré par d’autres genres musicaux tels que le lundu, le siria, le banguê et le marabaixo, le carimbó marie des rythmes africains à une danse circulaire d’origine indienne. Les influences portugaises et espagnoles, omniprésentes dans cette région, enrichissent également son style. À Marapanim, une petite localité du Para, pas moins de dix groupes de carimbó animent les festivités, notamment chaque année du 21 décembre au 1er janvier pour célébrer les grandes fêtes de São Benedito. Il semblerait même que ce genre musical soit à l’origine de la célèbre lambada !

Les instruments du carimbó

En plus du tambour et d’un grand djembé orné de motifs géométriques typiques de Marajo, on utilise un petit banjo fait maison. Ses cordes, réalisées en fil de pêche comme pour le ukulélé tahitien, sont fixées à un fond fait d’un vieux disque vinyle, et le plectre est découpé dans une bouteille de shampoing, offrant un accord plutôt approximatif. Une caisse claire, dont le timbre est produit par des filets de perles, complète l’ensemble musical sous le nom de caixa de marabaixo.

Diversité des styles de carimbó

Il existe trois principaux styles de carimbó : celui de Belém, celui des pêcheurs, et celui des agriculteurs. Le Trio Manari a eu l’amabilité de présenter les deux premiers lors de leur performance, et je les remercie chaleureusement pour leur gentillesse et leur pédagogie.