Un tournant musical en 1964
En 1964, Nara Leão décide de se libérer de son rôle de « muse de la bossa nova ». Suite au coup d’État militaire et à l’instauration d’une junte, la chanteuse souhaite dépasser les récits d’amour, d’accompagnement de guitare, ainsi que les chansons sur les petites embarcations et les camaraderies. Ainsi, la nouvelle génération de la musique brésilienne, restée sur place, se divise en deux factions. D’un côté, des artistes comme Roberto Menescal, qui se préoccupent peu de politique et désirent poursuivre la tradition de la bossa nova. De l’autre, ceux qui, comme Nara Leão, aspirent à emprunter une voie différente.
Un nouvel album, une nouvelle direction
Le premier opus qui incarne cette nouvelle approche, intitulé « Nara », sort en 1964 et n’est pas un disque de bossa nova. On y retrouve plusieurs sambas, telles que Marcha de Quarta-Feira de Cinzas, Canção da terra, et un Berimbau d’une tonalité martiale, dont les paroles à double sens résonnent : « la capoeira m’a envoyée, vous dire qu’elle est arrivée, pour lutter ». Consolação, qui aurait pu être une bossa plutôt douce, est traitée de manière assez dramatique.
Un Brésil optimiste
De nos jours, le Brésil a retrouvé une démocratie rayonnante, et sa population, malgré les défis, fait preuve d’un optimisme enviable. Ainsi, de ce disque de Nara, j’ai retenu cette samba délicieuse, écrite par Zé Keti et Hortêncio Rocha, tous deux originaires de Portela : Diz que fui por ai.
Les paroles d’une ode à la liberté
« Si quelqu’un me demande, dis que je suis sorti, en emportant une guitare sous le bras. Je m’arrête à n’importe quel carrefour, je rentre dans n’importe quel bistro, et s’il y a moyen, je fais une autre samba. S’ils veulent savoir si je rentre, dis que oui, mais seulement quand le blues (a saudade) m’aura laissé tranquille »