L’hommage de Michael Franks à Tom Jobim
Il y a dix-neuf ans, Tom Jobim nous quittait le 7 décembre 1994. Depuis, de nombreux artistes et admirateurs du monde entier lui ont rendu hommage. Parmi eux, son ami californien, Michael Franks, a créé la chanson Abandoned Garden, dans laquelle il exprime avec humilité l’influence incontestable de Tom sur sa musique.
En fait, tout l’album de 1995 intitulé Abandoned Garden est dédié « à la mémoire d’Antonio Carlos Jobim, avec mon admiration, mon affection et ma passion éternelles ». Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Tom n’a pas été séduit par la moustache imposante de Michael, mais l’artiste américain a trouvé chez le carioca un véritable maître des harmonies, qui a enrichi sa musique et sa voix, et ce dès son troisième album, Sleeping Gypsy, dont une partie a été enregistrée au Brésil.
La passion de Jobim pour la nature
Tom Jobim était si passionné par la nature qu’il a choisi d’installer sa maison au cœur même du jardin botanique de Rio de Janeiro. L’album Abandoned Garden, notamment arrangé par Eliane Elias, fait référence à cet environnement dès son premier morceau, This must be paradise, une pure bossa nova avec un arrangement digne de Claus Ogerman. Like Water, Like Wind est une autre pièce (avec des influences américaines, il faut l’avouer, tout en conservant des accents latins). On y trouve également le magnifique Cinema, dont les paroles sont de Michael Franks sur une mélodie de Jobim. Mais c’est le morceau titre que je souhaiterais vous faire découvrir aujourd’hui.
Les mots touchants de la chanson
Cette chanson évoque les jasmins et les jacarandas, ces arbres aux fleurs violettes éclatantes que Jobim avait lui-même plantés. Les paroles résonnent profondément chez les amoureux de la bossa nova :
Though the samba has ended, I know in the sound
Of your voice, your piano, your flute, you are found,
And the music within you continues to flow
Sadly, lost Antonio.
You were my inspiration, my hero, my friend;
On the highway of time will I meet you again?
If the heart ever heals, does the scar always show
For the lost Antonio?
Jean-Louis Murat, l’ermite de la chaîne des Puits, a également interprété une version de cette chanson de Michael Franks, intitulée Un mendiant à Rio, qui s’éloigne du texte original. Toutefois, elle est réalisée avec beaucoup de soin. N’hésitez pas à l’écouter ici.