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BossaNovaBrasil | 19 octobre 2017

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2 Commentaires

Les trois vies de Paulo Costa

Jeudi soir, ne manquez pas d’aller écouter Paulo Costa au Satellit Café à Paris. Chanteur et guitariste né à Salvador de Bahia, cet artiste attachant a suivi un parcours original pour revenir à la simplicité apparente de la bossa nova des origines. Pour autant, il ne se consacre pas à l’hommage aux grands disparus : il apporte à la bossa sa créativité de compositeur, sa voix naturelle et sa subtilité musicale. J’ai eu la chance de passer une heure en sa compagnie hier soir. Il raconte les trois étapes de sa vie artistique avant de parler de son show « Saveur de Bossa ».
Une rue calme proche de la Seine. Le producteur de Paulo Costa, l’enthousiaste Luciana Valeo, m’accueille avec un café et un délicieux gâteau tout juste arrivé de Recife, la grande ville du Nordeste. Paulo est de retour d’une tournée au Brésil qui s’est terminée au célèbre SESC de São Paulo.

Paulo, peux-tu résumer ton parcours artistique pour les lecteurs de BossaNovaBrasil ?

A huit ans j’ai gagné des instruments de percussions à une loterie ! Et je suis devenu batteur, avant de me mettre à la guitare vers 17 ans. Entre tropicalisme et rock-fusion, à l’époque de Chico Science et d’Alceu Valença, je suis devenu chanteur du groupe Papa Poluição. Pop-rock, comme tout jeune rebelle qui se respecte !

Quand le groupe s’est dissous, j’ai d’abord continué quelques années , à São Paulo sur ma lancée. J’ai pris alors une pause, et puis j’ai ouvert avec deux associés un studio d’enregistrement à Salvador de Bahia, où nous faisions de tout : l’unique disque brésilien de Jimmy Cliff, des bandes originales de novelas, des pubs, des albums de stars et de jeunes talents…

Ensuite j’ai voulu changer de vie. Je suis allé habiter cinq ans à Ilha de Itaparica (un endroit passablement merveilleux, NDLR). Je pensais à devenir pêcheur. Et quand je ne pêchais pas, je lisais énormément. En tout et pour tout j’avais emporté cinq disques : João Gilberto, Chet Becker, Miles Davis, Keith Jarrett et Tom Jobim.

Et puis j’ai entendu l’appel de la bossa nova. Pas pour ressasser les tubes de Jobim et Vinicius – pour lesquels j’ai par ailleurs une grande admiration  – mais pour écrire de nouvelles chansons, de nouvelles mélodies de bossa nova Fin 2007, sur l’encouragement d’un ami français, j’ai écrit une version en portugais de Toulouse, de Claude Nougaro… et je me suis installé dans la ville rose avant de remonter à Paris voici huit mois.

Aujourd’hui je consacre ma vie musicale à la bossa nova, mais il ne s’agit pas d’imiter João Gilberto. João est un mythe, et pour cette raison je n’ai jamais essayé de le rencontrer, il doit conserver cette distance qui fait partie du culte. J’ai gardé son esprit, mais j’ai ma manière.

Quels sont tes projets musicaux ?

Petit garçon, j’habitais près de Salvador, à Santa Amaro da Purificação. Pendant cinq ans, mon institutrice fut Mabel Veloso, soeur aînée de Caetano et elle-même grand poète, aujourd’hui très respectée au Brésil. Quarante ans durant, je n’ai pas osé l’approcher. J’ai franchi le pas en 2009, et actuellement je prépare un disque de chansons que je compose à partir de ses poésies. Ca avance bien.

Avec qui vas-tu jouer jeudi soir au Satellit ?

Je serai avec Pierre HH, excellent guitariste de jazz, et le percussionniste brésilien Caio Mamberti, déjà bien connu en France. Caio va jouer une « batterie de percussions » : il est assis à la batterie, mais, par exemple, la pédale charleston actionne des caxixis, un pandeiro remplace la caisse claire, etc. C’est très original et très sympa !

Quel est le programme du concert ?

Pendant la tournée au Brésil, je ne jouais que mes compositions. Ici, je vais proposer deux tiers de compositions et quelques classiques de la bossa comme Chega de Saudade, Meditação, Agua de Beber… Il y aura aussi un rythme du Nordeste très intéressant et très ouvert à l’invention, qui s’appelle le xote (se prononce « chote » NDLR).

Paulo me montre un exemple de xote sur sa guitare. Impossible de ne pas tomber sous le charme. Comme tous les timides, Paulo est intarrissable quand il parle de ce qu’il aime – et quand il ne dit rien, sa guitare parle pour lui. C’est ainsi qu’après que nous ayons évoqué l’album blanc de João Gilberto et le mantra d’Aguas de Março, il jouera en sourdine – et en chaussettes – le morceau tandis que la conversation se poursuit…

Paulo Costa, « Saveur de Bossa ». Jeudi 17 mars 2011 au Satellit Café, 44 rue de la Folie Méricourt à Paris 11ème. Et le 13 avril 2011 au Petit Journal Montparnasse. Son dernier disque : « Salvador » en exclusivité à la FNAC Etoile et à la FNAC de Toulouse.

Retrouvez Paulo Costa sur sa page MySpace

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Commentaires

  1. Tropbien

    Toulouse en brésilien est magnifique. mais Je prefere attendre le Petit Journal, le Satellit Café bof bof avec les piliers on voit pas grand choses.

  2. Très intéressantes tes interviews. C’est quand même bien de sentir que celui qui pose les questions est un passionné et qu’il maîtrise parfaitement son sujet. Si je le souligne c’est qu’hélas, ce n’est pas toujours le cas.

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