Rapper’s delight à la brésilienne

Un classique du hip-hop

Dans l’automne de 1979, un maxi 45 tours qui allait révolutionner la scène musicale a vu le jour : c’était Rapper’s Delight, interprété par un trio d’amateurs. Ce titre, qui s’est vendu à plus de 10 millions d’exemplaires, a propulsé le hip-hop vers des contrées qui n’en avaient jamais entendu parler auparavant. En 1997, Gabriel o Pensador, un artiste qui se considérait alors comme rappeur, a fait sa propre version intitulée 2345meia78.

Une découverte inoubliable

À l’époque où les disquaires étaient encore en vogue, il n’était pas rare de passer deux heures dans un magasin à écouter les nouveautés avec un casque. C’est ainsi que j’ai découvert Rapper’s Delight du Sugarhill Gang. C’était un véritable choc. Je n’avais jamais rien entendu d’aussi innovant. Les paroles m’étaient incompréhensibles, tout comme à mes amis. Qui était ce Wacky Dee, ce « W-A and the C-K-Y, and the D with the double-E » ? Mon dictionnaire Harraps n’avait pas d’explication non plus sur le mot « rap ». J’ai quitté le magasin avec le maxi, qui est passé en boucle dans ma chambre dès mon retour.

Un son emblématique

Le sample utilisé, Good Times de Chic, est déjà l’œuvre du talentueux Nile Rodgers, le guitariste de Chic, et héros de la dernière composition de Daft Punk (vous l’entendez dans Get Lucky). Impressionnant ! Il est difficile de dire si le titre a beaucoup circulé au Brésil avant l’ère d’Internet. En tout cas, il a fallu attendre 1997 pour qu’il prenne un nouvel élan grâce à Gabriel o Pensador, qui l’a intégré dans son meilleur album à mon humble avis : Quebra Cabeça. Dans cette version, Rapper’s Delight devient 2345meia78 – à noter que meia est utilisé au Brésil pour désigner le chiffre six en portugais.

Des paroles audacieuses

Bien que les paroles ne soient pas forcément de bon goût, rappelons-nous que c’est le monde du rap dans toute sa splendeur ! Voici un extrait des paroles :

« 2345meia78
Ta na hora de molhar o biscoito (C’est l’heure de tremper le biscuit)
Eu tô no osso mas eu não me canso, (Je suis à poil mais je ne me fatigue pas)
Ta na hora de afogar o Ganço » (C’est l’heure de tirer un coup)