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BossaNovaBrasil | 17 octobre 2017

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Samba dans le goût de l’antique

C’est un peu par hasard, et beaucoup sur la recommandation de la dynamique Aglaise Souza, de Radio Viva o Samba, que je me suis retrouvé mardi dernier à Lapa pour assister au tour de chant de Nina Wirtti et du groupe Regional Nacional, consacré aux musiques de l’Epoca de Ouro – l’âge d’or des compositeurs brésiliens. Typée, mais pas maniérée pour autant, voilà une plongée dans le passé qui ne manque pas d’intérêt.

J’avoue ma réticence de départ. Dans tous les pays, à toutes les époques, on a tendance à penser que « c’était mieux avant » – qu’il s’agisse de musique, de météo, de politique ou de niveau de vie. Mais je fis fi (salut Phiphi !) de mes préjugés, et pris une fois de plus le chemin du Semente et des Arcos de Lapa.

De quel âge d’or s’agit-il ? Des années 40 et 50, celles où les radios faisaient la pluie et le beau temps en matière de musique : Radio Nacional a compté jusqu’à cinq orchestres permanents. Pour les alimenter, il fallait beaucoup de morceaux, et d’innombrables compositeurs ont été mis à contribution. Parmi eux, Benedito Lacerda, Isaura Garcia, Orlando Silva, Aurora Miranda, Dalva de Olivieira, et un paquet d’autres dont ni vous ni moi n’avons jamais entendu parler. Ils ont écrit des sambas et des choros bien sûr, mais aussi infiniment de boléros, des tangos, des fox-trot, et tous les styles à la mode à l’époque.

Le groupe « Regional Nacional » se consacre à cette musique depuis fin 2010. Composé de jeunes professionnels, pour l’essentiel originaires du sud du pays, il s’agit d’une formation solide au large répertoire, tout à fait dans l’esprit des radios des années de référence : capables de jouer impeccablement des arrangements bien cadrés tout autant que de prises de solos dans le goût du jazz. On y trouve Rafael Mallmith à la guitare 7 cordes, Iuri Bittar à la guitare, Leonardo Pereira au cavaquinho, Anderson Balbueno au pandeiro, Tiago Souza à la mandoline et Aquiles Moraes à la trompette. La présence de la trompette pourrait paraître étrange aux amateurs de choro davantage habitués aux sons suaves de la clarinette et de la flûte, mais son timbre colle parfaitement à l’ensemble.

Je rencontre la chanteuse Nina Wirtti. Agée d’une petite trentaine d’années, elle a décidé de se consacrer à ce genre délaissé et pourtant très caractéristique. Elle a sans doute raison, tant il est difficile à Rio de se faire un nom sur la scène très encombrée des chanteuses de samba : voici un excellent moyen pour faire entendre sa technique fluide et sa maturité artistique – en donnant l’impression d’être capable de tout autre chose que de cet hommage aux grands anciens. Ses influences n’étonneront personne : Elizete Cardoso, Elis Regina, Carmen Miranda, Clara Nunes : plutôt des chanteuses à voix ! Pour autant, Nina ne force pas sa nature et offre un excellent compromis entre tradition et fraicheur.

Voici une chanson captée à l’arrache sur mon petit compact « de fond de poche ». L’image est nulle, mais le son acceptable !

Merci à la Radio Viva o Samba et ses braves pour cette bonne idée. Et tous mes encouragements à ces jeunes musiciens qui ne cèdent pas à la facilité.

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