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BossaNovaBrasil | 24 septembre 2017

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7 Commentaires

João Gilberto de Rio à Rio

Pendant les années 90, João Gilberto multiplie les concerts – enfin, rien de frénétique non plus, mais disons qu’il enchaîne pas mal quand même au Brésil et à l’étranger, dont Santiago du Chili, Buenos Aires, New York, San Francisco, Miami… Il en profite pour enregistrer un live en 94, « Eu sei que vou te amar ».

Caetano Veloso est un grand admirateur depuis toujours. Autant dire qu’en 2000 celui-ci est au sommet quand il produit chez Universal l’album « João, Voz e violão ». Sur la couverture, la belle Camila Pitanga fait « Chut ! » avec un doigt sur les lèvres, à la fois symbole du respect pour l’artiste et pied de nez aux spectateurs mal élevés, si bruyants lors d’un concert à São Paulo quelques années auparavant que João Gilberto leur avait tiré la langue avant de quitter tranquillement la scène.

Regardez les deux hommes la même année jouer ensemble, à Buenos Aires la vieille samba (1942) d’Herivelto Martins : Ave Maria no Morro, qui figure sur le CD.

Un an de préparation, deux jours de prise de son, et une demi-heure de musique. Comme tous les disques de João Gilberto, aucun montage, aucun trucage : les morceaux apparaissent d’une seule prise. Beaucoup se sont demandés à quoi rimait d’enregistrer encore une fois des morceaux comme Chega de saudade ou Desafinado. Ruy Castro y voit la conséquence d’une querelle judiciaire avec EMI qui avait interdit la vente des vieux albums depuis 1990. Mais d’autres n’hésitent pas à habiller le musicien pour l’hiver. Pour Monsieur tout le monde, il faut bien avouer que João apparait souvent plus pour un autiste que comme un génie…

João Voz é violão-Camila PitangaCe disque est pourtant une nouvelle merveille. D’abord, c’est le premier – et à ce jour l’unique – album studio de João Gilberto où il soit seul avec sa guitare. Dans les précédents, l’artiste enregistrait d’abord, et les arrangeurs se chargeaient ensuite d’enrober le tout à leur sauce, pour le meilleur (Clare Fischer) et pour le pire (Claus Ogerman). Ici on se retrouve face à face avec la pureté de l’interprète, qui revisite des sambas du passé, comme Da cor do Pecado, de Bororó, Não vou pra casa, de Antonio Almeida ou Segredo, de Herivelto Martins et Marino Pinto. Ou du présent, comme deux morceaux de Caetano Veloso : Coração Vagabundo, et Desde que o samba é samba, dont les harmonies sont magnifiquement enrichies, et qui ouvre le disque.

C’est celui-là que j’ai envie de vous faire écouter, comme pour rappeler une nouvelle fois que la bossa nova n’est pas du jazz, mais une enfant de la samba.

joao gilberto dessinDepuis lors, l’artiste a joué à New York, Barcelone, Londres, Milan, Recife, Paris en 2001 (oui, tu penses, j’étais là aussi !), Montreux, Montréal… sans pour autant sortir davantage de chez lui. Il habite toujours à Leblon, la plupart du temps en pyjama. On lui monte ses plats. Il n’accorde aucune interview. Des fans s’occupent de sa page Facebook – lui n’a ni ordinateur, ni, parait-il, chaîne Hi-Fi (1). Ses derniers concerts ont eu lieu à Rio et São Paulo en 2008, à l’occasion du cinquantenaire de la bossa nova – et il a surpris le public en jouant des chansons qu’il n’avait jamais enregistrées : 13 de Ouro, Hino ão sol, Dobrado de Amor a São Paulo et même une nouvelle composition en hommage au Japon.

En 2010, il a annulé ses concerts prévus aux Etats-Unis, pour des raisons restées obscures (certains dirent qu’il n’avait tout simplement pas demandé de visa, mais c’était peut-être juste une angine).

João Gilberto sur scène en septembre !

joao-gilberto-juazeiroSauf surprise de dernière minute, João ne sera pas ce soir au bord du Rio Francisco à Juazeiro do Norte où João Bosco, Regina Benedetti, Aderbal Duarte et d’autres se retrouvent sur scène pour célébrer l’anniversaire du « Mythe ». Il est peu probable qu’il se rende non plus à la messe d’actions de grâce donnée à son attention à la Cathédrale de Nossa Senhora das Grotas (ça ne s’invente pas !).

En revanche, la femme de João Gilberto, Claudia Faissol, vient d’annoncer à la presse un concert à São Paulo le 3 septembre 2011 à la salle HSBC Brasil, et un second le 10 septembre au Vivo Rio. Le Maître a travaillé de nouveaux morceaux, et devrait dévoiler aussi des compositions inédites. A suivre ! Les entrées seront en vente début juillet et on a pas intérêt à rater l’ouverture des guichets… La représentation devrait être retransmise en direct par satellite dans de nombreuses salles de cinéma au Brésil et à l’étranger.

Voilà, c’est la fin de cette série de billets consacrés à l’homme qui a inventé la bossa nova tout en prétendant toujours ne faire que jouer de la samba : João Gilberto Prado Pereira de Oliveira, né le 10 juin 1931 à Juazeiro do Norte dans l’état de Bahia.

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Commentaires

  1. Superbe série. Un bel hommage.
    Le mien se limite à un seul texte :
    http://lelixirdudrfunkathus.blogspot.com/2011/06/joao-gilberto-octogenaire.html

  2. Joana

    y a t il quelqu’un qui aurait une 2 eme place et qui ne sait pas quoi en faire ? lol

  3. mhch

    L’arrangement sublime de « Desde que o samba » par João ont été décodés par un autre João, João Leão, qui l’a publié sur son blog http://musicaepensamento.blogspot.com/

    N’oubliez pas de sauvegarder ça sur votre ordi, les pages web s s’envolent vite, telles des paroles.

  4. mhch

    Pendant qu’on y est, un autre décodage par un autre grand fan de Joao, peut-être plus facile à suivre. A sauvegarder en local lui aussi avec l’aide de http://www.dvdvideosoft.com/products/dvd/Free-YouTube-Download.htm (gratuit)

    http://www.youtube.com/watch?v=1nEzrgS6_wk

  5. Thierry

    Super ! Merci Michel pour cette trouvaille. Dommage que le guitariste blogueur n’ait pas continué son effort, c’était carrément bien parti…

  6. mhch

    On dit qu’Aderbal Duarte le plus étonnant des fans de João, voire même d’un profil psy pas trop éloigné (?), va publier un recueil synthétisant toute son analyse de la musique de Joào.

  7. Berna

    So para precisar

    Ele naceu em JUAZEIRO da BAHIA

    Juazeiro do Norte e no Estado do Ceara

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