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BossaNovaBrasil | 28 juin 2017

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6 Commentaires

João Gilberto, des origines à la révélation

Suite de la série consacrée à João Gilberto, « o Mito » – le mythe de la musique brésilienne. Aujourd’hui nous revenons sur les origines du musicien, et sur le chemin qui l’a amené à réinventer la samba et à fixer la bossa nova dans sa pureté stylistique.

La carrière de João Gilberto commence par un faux départ

Ce n’est pas l’ambition qui manque à João Gilberto quand il quitte Juazeiro do Norte pour Bahia, puis Rio de Janeiro en 1950. Ce qui lui fait défaut, c’est un style personnel. Ses héros s’appellent Orlando Silva, le grand compositeur Dorival Caymmi, bahianais comme lui, et… Duke Ellington. Il devient le chanteur du groupe Os Garotos da Lua (les garçons de la lune). Samba cançãos et boléros font alors son ordinaire, qu’il chante dans le goût de l’époque. Le voici par exemple en 1951 dans Quando Você Recordar. Ce n’est pas vilain (sauf les arrangements des choeurs plutôt discutables !), mais jusqu’ici rien de neuf.

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João n’est pas satisfait. Imprévisible, il devient difficile à vivre pour ses collègues musiciens. Il arrive de plus en plus tard à la radio où travaille le groupe – et parfois il ne vient pas du tout. A force, il use les patiences, et on l’éjecte du groupe. Il s’installe quelques temps à Porto Alegre chez son ami Luiz Telles, puis chez une de ses soeurs à Belo Horizonte.

1955 – Após um ano de dificuldades, aceita convite do amigo Luís Telles e passa cerca de sete meses em Porto Alegre, onde canta no Clube da Chave. No final do ano, vai para Diamantina (MG), abrigado por sua irmã Maria até maio de 1956. Passa horas tocando violão e chega à maneira de cantar e tocar que se consagraria como bossa nova.Retour à la case Bahia

João Gilberto n’a pas beaucoup commenté cette première époque, mais certains témoignages portent à penser qu’il est alors accro à la fumette. Sans argent, isolé par son comportement erratique, d’humeur dépressive, João Gilberto rentre piteusement en 1955 chez ses parents, place de la cathédrale à Juazeiro. Son père commence par le placer dans un hôpital psychiatrique, d’où il sort quelques jours plus tard. Il décroche, et se met à travailler sans relâche pour trouver son style. Il racontera plus tard qu’il a écrit Bim Bom (un baião) en écoutant marcher les lavandières qui rentraient du rio São Francisco.

« Il y aurait pas une guitare ici ? »

joao gilbertoQuand il revient à Rio en 57, João Gilberto se sent prêt. Il a dans sa main droite la rythmique de la bossa nova, dans sa main gauche les harmonies d’une samba enrichie, et une manière de chanter qui n’a plus rien à voir avec le passé. Toujours aussi bohème, il a désormais une immense confiance en son art.

C’est l’époque où João Gilberto va d’appartement en appartement pour se faire connaître auprès des amateurs éclairés de Copacabana et d’Ipanema – presque une tournée de promotion, comme on dirait aujourd’hui. Il arrive les mains dans les poches, et utilise la guitare de la maison. Et fait tourner un répertoire essentiellement constitué d’anciennes sambas, deux de ses compositions : Bim Bom et Ho-ba-la-la, plus quelques titres de Tom Jobim. On lui fait rencontrer Jobim. Les guitaristes présents sont fascinés par sa rythmique…

Voici par exemple l’interprétation qu’il donne chez Chico Perreira(*), courant 58, de È Luxo Sò, une samba d’Ary Barroso.

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Et au même endroit, ce bel Esse seu olhar, de Jobim

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Les fondamentaux sont en place, et le meilleur reste à venir… à demain !

(*) ces enregistrements amateurs disparus ont refait surface en 2009, présentés par Augusto du site Toque Musical, qui les a retirés depuis. Peut-être qu’un lecteur vous indiquera un lien de téléchargement ?

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Commentaires

  1. « mais certains témoignages portent à penser qu’il est alors accro à la fumette » : il était même surnommé Zé Maconha !

  2. Thierry

    La morale de l’histoire c’est qu’il ne faut pas mettre la charrue avant la beu, ou l’inverse 😉

  3. Charles

    Merci à Léon pour ce lien. Les prises sont très intéressantes et en effet quelle modernité en même temps que la simplicité d’une prise de son sur le vif. Vivement demain la suite de la carrière du grand petit João débarassé de la maconha……

  4. Rançon Alain

    A la faveur des autorisations obtenues à titre gracieux de la part des Editions Saravah http://www.saravah.fr/
    et grâce au soutien de l’Association « Lumières de Carrières » http://www.leslumieresdecarrieres.com/presentation-cine-club/

    Que je remercie tous deux chaleureusement,

    je vous propose de nous rejoindre le vendredi 26 mai 2017 (ascension) à 20 h 30 au conservatoire de Carrières-sur-Seine pour un hommage et une séance tant exceptionnelle qu’originale, autour d’une œuvre cinématographique symbolique de Pierre Barouh : « Saravah ».

    Pierre Barouh nous a quitté trop tôt le 28 décembre 2016. Notamment connu (de façon réductrice mais non moins honorable) pour : Un homme et une femme, Des ronds dans l’eau et À Bicyclette, il a lancé et produit de nombreux talents dont : Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, Maurane, Daniel Mille, Jean-Roger Caussimon, Areski Belkacem, Alfred Panou, Pierre Adekengué, Nana Vasconcelos…

    Jean-Paul Delfino exprimait à propos de ce film : « Préparez-vous à tomber amoureux »

    Patrick Frémeaux précisait : « Saravah n’est pas un documentaire, mais un document. En effet, SARAVAH n’est pas un film didactique sur l’histoire de la musique brésilienne du XXe siècle mais le film historique où toutes les stars brésiliennes en devenir, sont abordées avec simplicité par Pierre Barouh. Et c’est parce que Pierre Barouh n’est pas un cinéaste mais l’acteur témoin de cette rencontre, rencontre entre l’ancien et le nouveau monde, que son film est une apologie du réel, réel artistique et poétique….
    Baden Powel chantant Saravah avec Pierre Barouh, Maria Bethania toute jeune et déjà diva, Marcia, Paolinho Da Viola, Pinxiginha dans la rue qui porte son nom, tous ces instants sont ceux de la vérité et révèle le grand talent de Pierre Barouh, celui d’un passeur de cultures et d’émotion qui nous donne l’impression d’avoir partagé ces instants de musique et d’esprit, dans l’intimité de ces légendes vivantes. (……)
    Les imperfections du film sont autant de pépites d’authenticité, d’histoires Romehriennes où le téléspectateur est libre de ses émotions, se laissant bercer dans un plaisir contemplatif d’un Brésil historique où chacun se découvre la nostalgie de ne pas l’avoir connu. »

    Il s’agit ici de rendre hommage à ce découvreur de talents qu’est Pierre Barouh et à sa riche personnalité, de partager avec vous le patrimoine qu’il nous lègue à travers des échanges, de la musique, des témoignages, ce film et des extraits de son livre : « les rivières souterraines » (Editions : À vos pages, 2011) et d’évoquer son parcours.

    Les entrées aux séances des « Lumières de Carrières » sont ouvertes aux adhérents. A titre d’exemple : l’adhésion simple : 7 € comprend 1 séance et chaque adhésion comprend en plus une séance gratuite pour un invité, qui n’en doutons pas prendra lui-même une carte d’adhésion. Je vous invite donc à nous rejoindre dès maintenant via le site internet de l’association ou par téléphone au 06.73.69.74.34 pour bénéficier de cette séance exceptionnelle. Vous pourrez également adhérer sur place. Attention….il n’y a que 90 places !

    Ceux qui hésiteraient encore parce qu’ils habitent Paris, peuvent être rassurés : un direct au départ de St Lazare : c’est 10 minutes de train ! Au départ des Halles : 20 minutes de RER A (Direction Poissy) , soit moins de temps qu’il ne faut pour traverser la capitale ! Je rappelle enfin que cette séance est unique.
    Le conservatoire est au : 66, boulevard Maurice Berteaux, Carrières-sur-Seine.

    Ne manquez pas cet évènement, prémices d’une autre aventure en préparation, dans le même esprit, pour rendre hommage à François de Roubaix (avec lequel Pierre Barouh avait enregistré la chanson : « La forêt »). Des surprises inédites vous attendront !

    Merci, pour le moins, de bien vouloir faire passer ce message….à vos propres contacts.
    Je remercie par avance les amis qui ont l’intention de partager la chaleur de cette soirée, de me le faire savoir par mail en amont….

    J’espère donc avoir la grande joie de vous accueillir.
    « Saravah…ment » vôtre,
    A.R.

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