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BossaNovaBrasil | 24 mars 2017

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5 Commentaires

João Gilberto, des origines à la révélation

Suite de la série consacrée à João Gilberto, « o Mito » – le mythe de la musique brésilienne. Aujourd’hui nous revenons sur les origines du musicien, et sur le chemin qui l’a amené à réinventer la samba et à fixer la bossa nova dans sa pureté stylistique.

La carrière de João Gilberto commence par un faux départ

Ce n’est pas l’ambition qui manque à João Gilberto quand il quitte Juazeiro do Norte pour Bahia, puis Rio de Janeiro en 1950. Ce qui lui fait défaut, c’est un style personnel. Ses héros s’appellent Orlando Silva, le grand compositeur Dorival Caymmi, bahianais comme lui, et… Duke Ellington. Il devient le chanteur du groupe Os Garotos da Lua (les garçons de la lune). Samba cançãos et boléros font alors son ordinaire, qu’il chante dans le goût de l’époque. Le voici par exemple en 1951 dans Quando Você Recordar. Ce n’est pas vilain (sauf les arrangements des choeurs plutôt discutables !), mais jusqu’ici rien de neuf.

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João n’est pas satisfait. Imprévisible, il devient difficile à vivre pour ses collègues musiciens. Il arrive de plus en plus tard à la radio où travaille le groupe – et parfois il ne vient pas du tout. A force, il use les patiences, et on l’éjecte du groupe. Il s’installe quelques temps à Porto Alegre chez son ami Luiz Telles, puis chez une de ses soeurs à Belo Horizonte.

1955 – Após um ano de dificuldades, aceita convite do amigo Luís Telles e passa cerca de sete meses em Porto Alegre, onde canta no Clube da Chave. No final do ano, vai para Diamantina (MG), abrigado por sua irmã Maria até maio de 1956. Passa horas tocando violão e chega à maneira de cantar e tocar que se consagraria como bossa nova.Retour à la case Bahia

João Gilberto n’a pas beaucoup commenté cette première époque, mais certains témoignages portent à penser qu’il est alors accro à la fumette. Sans argent, isolé par son comportement erratique, d’humeur dépressive, João Gilberto rentre piteusement en 1955 chez ses parents, place de la cathédrale à Juazeiro. Son père commence par le placer dans un hôpital psychiatrique, d’où il sort quelques jours plus tard. Il décroche, et se met à travailler sans relâche pour trouver son style. Il racontera plus tard qu’il a écrit Bim Bom (un baião) en écoutant marcher les lavandières qui rentraient du rio São Francisco.

« Il y aurait pas une guitare ici ? »

joao gilbertoQuand il revient à Rio en 57, João Gilberto se sent prêt. Il a dans sa main droite la rythmique de la bossa nova, dans sa main gauche les harmonies d’une samba enrichie, et une manière de chanter qui n’a plus rien à voir avec le passé. Toujours aussi bohème, il a désormais une immense confiance en son art.

C’est l’époque où João Gilberto va d’appartement en appartement pour se faire connaître auprès des amateurs éclairés de Copacabana et d’Ipanema – presque une tournée de promotion, comme on dirait aujourd’hui. Il arrive les mains dans les poches, et utilise la guitare de la maison. Et fait tourner un répertoire essentiellement constitué d’anciennes sambas, deux de ses compositions : Bim Bom et Ho-ba-la-la, plus quelques titres de Tom Jobim. On lui fait rencontrer Jobim. Les guitaristes présents sont fascinés par sa rythmique…

Voici par exemple l’interprétation qu’il donne chez Chico Perreira(*), courant 58, de È Luxo Sò, une samba d’Ary Barroso.

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Et au même endroit, ce bel Esse seu olhar, de Jobim

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Les fondamentaux sont en place, et le meilleur reste à venir… à demain !

(*) ces enregistrements amateurs disparus ont refait surface en 2009, présentés par Augusto du site Toque Musical, qui les a retirés depuis. Peut-être qu’un lecteur vous indiquera un lien de téléchargement ?

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Commentaires

  1. « mais certains témoignages portent à penser qu’il est alors accro à la fumette » : il était même surnommé Zé Maconha !

  2. Thierry

    La morale de l’histoire c’est qu’il ne faut pas mettre la charrue avant la beu, ou l’inverse 😉

  3. Charles

    Merci à Léon pour ce lien. Les prises sont très intéressantes et en effet quelle modernité en même temps que la simplicité d’une prise de son sur le vif. Vivement demain la suite de la carrière du grand petit João débarassé de la maconha……

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