Chapéu, Cerveja e Frustrações : quel drôle de nom pour un groupe ! C’est la formation de Pablo Kossa, journaliste culturel et compositeur et de ses amis, tous originaires de Goiânia, Goiás. Leur disque » Sucesso no Brasil » est ma découverte de la rentrée.
D’abord un mot sur leur région d’origine. Le Goias, c’est le Middle West brésilien. Le royaume des duos de chanteurs de country qui font chavirer les cœurs romantiques avec leurs ballades et leurs guitares à cordes en acier. On y aime à porter des chapeaux de cow-boy, à boire de la bière, à aller au rodéo. Pour ce qui est des frustrations ça ne m’a pas sauté aux yeux.
L’album d’aujourd’hui n’a rien de sertanejo, et c’est tant mieux. Sucesso no Brasil n’est pas seulement inspiré, curieux, drôle. Il est particulièrement intelligent.

Intelligent, et pas complètement intelligible pour qui ne connaîtrait rien de l’histoire ni de la musique du Brésil des quarante dernières années. Mais si vous êtes un lecteur fidèle de BossaNovaBrasil, vous reconnaîtrez les emprunts, les références et les clins d’œil qui donnent à ce disque son originalité et sa couleur, tant dans ses paroles que dans ses musiques et ses samples.
Rock, punk, ska, reggae, samba, country, folk, ballade et même baile funk, se mélangent et s’assemblent dans une même énergie positive. Les titres : De Nova Orleans a Goytacaz, Funk do Brizola, Bola oito, É preciso respeitar o futebol brasileiro, Samba Estado Novo sont plus intéressants les uns que les autres.
Je vous propose d’écouter Samba Estado Novo. Batuque samba, guitares saturées, discours de Getulio Vargas « Trabalhadores do Brasil », break bossa remplis de banquinhos et de Corcovado, pour finir sur le slogan fétiche des manifs de la gauche brésilienne. Ca envoie !
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Pour le site brésilien Musicoteca, c’est le disque de l’année. Pour moi, ça sera mon disque de rock de l’année. Il est diffusé gratuitement sur internet. Téléchargez-le ici, vous y découvrirez quelque chose à chaque écoute.
Le site : http://www.myspace.com/chapeucervejaefrustracoes
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La chanteuse Luiza Dionizio pour la première fois en France : samba de raiz au Pradet (Var) le 26 mai, 19:00 et 21:00. Et le 27 à Marseille au Paradox, 21:30. 
Les artistes brésiliens avaient tendance à éviter les scènes du Sarkostan ces derniers temps. Espérons qu'ils auront envie de revenir ! ••• A l'affiche : Jorge Vercillo au New Morning le 24 mai • Luiza Dionizio le 26 mai au Pradet et le 27 à Marseille • Lenine à La Cigale le 15 juin • Luiz Melodia le 27 juin au New Morning








5 septembre 2011 at 20:32
« Le slogan fétiche de la gauche brésilienne » détourné en « O povo fodido jamais será unido ». D’où les frustrations…
5 septembre 2011 at 22:09
:-) Tu as raison de préciser Francis. Je récapitule pour tout le monde : la version originale c’est « o povo, unido, jamais será vencido » (le peuple uni ne sera jamais vaincu) alors que là ça serait plutôt « le peuple, baisé, ne s’unira jamais ».