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BossaNovaBrasil | 27 novembre 2014

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1 Commentaire

Chapeau bas, Filho Maravilha !

Jorge Benjor, l’inventeur de la samba-rock, le chantre du sambalanço, l’auteur de Mas que Nada, fêtait le 22 mars 2012 ses 70 ans. L’occasion de revenir un peu sur le parcours exceptionnel de ce géant de la musique brésilienne et, surtout, d’écouter quelques morceaux bien caractéristiques de son art.

Jorge Benjor s’est longtemps appelé Jorge Ben, tout court. Etait-il gêné par l’homonymie avec un certain George Benson ? Est-ce un numérologue qui a convaincu ce grand mystique de rallonger son nom pour trouver un nouvel équilibre ? Toujours est-il que le musicien changera de nom à la fin des années 80. Autre élément de mystère : sa date de naissance. Pour Wikipedia, il est né le 22 mars 1945. J’avais moi-même annoncé ses 70 ans un jour de décembre 2009. Et nombreux sont les blogueurs brésiliens qui l’ont annoncé septuagénaire… l’année dernière. Peut-être est-il moins superstitieux, mais plus coquet qu’on ne le dit habituellement ?

En tous cas, c’est en pleine frénésie bossa nova, en 1963, que Jorge Ben compose Mais que Nada – un véritable OVNI qu’il fait découvrir au public du Beco das Garrafas, médusé. Dans la salle, un directeur artistique de Philips lui signe immédiatement un contrat pour un premier single (en face B : Por Causa de Você Menina, qui n’est pas mal non plus !). Quelques mois plus tard sort l’album « Samba Esquema Novo », qui marque le début de l’aventure samba-rock. Sergio Mendes sent le filon, et lance sa propre carrière américaine avec une reprise de Mais que Nada qui fera date.

La samba-rock, c’est un style moins hybride que son nom le laisse penser. Ca n’est pas parce qu’il est né à l’époque où les Beatles sortaient leurs premiers hits qu’il s’agit le moins du monde d’une copie à la sauce exotique. Le style de Jorge Ben,c’est d’abord un rythme de guitare, très dynamique, très dansant, qui n’a pas plus à voir avec João Gilberto qu’avec John Lennon. C’est aussi une voix inimitable, un accent carioca, la douceur au milieu du swing.

Jorge Ben continue sur sa lancée, et lance tour à tour Pais Tropical, Que Pena, Que Maravilha, Cadê Tereza… avant de triompher avec un Filho Maravilha qui va faire à nouveau le tour du monde. Dans les années 70, il multipliera les albums, d’une inspiration de plus en plus ésotérique. Le succès commercial n’est plus au rendez-vous, mais l’album de 76 « África Brasil » est régulièrement cité comme une pierre blanche de la musique brésilienne.

Bon, je ne vais pas vous raconter toute la vie de Jorge Benjor, d’autant que mon ami Olivier s’en est déjà admirablement chargé sur l’Elixir du Docteur Funkathus. Je me contenterai de vous proposer d’écouter trois chansons de sa composition – une sélection que je dois au musicien Márcio Staggemeier.

“Menina Mulher da Pele Preta”, très représentative du style de Jorge, avec guitare sèche, cuica, reprises avec choristes, impro vocale…


Voici ensuite l’envoutant et mystérieux « O homen da gravata Florida » (l’homme à la caravate fleurie), du disque A Tábua de Esmeraldas, en 1974. Ca gratte un peu, mais on est au cœur de la samba-pop brésilienne. Fais tourner !

Et pour finir, une rareté : “Porque É Proibido Pisar na Grama” – pourquoi est-il interdit de marcher sur la pelouse. Grave question qui donne à Jorge Ben l’occasion de s’interroger sur le sens de la vie. Avec violons, violoncelles, piano, mais toujours la guitare, le tambourin, les chœurs féminins, la poésie, et un rien d’ésotérisme.

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Commentaires

  1. Olivier

    J’avais lu ou entendu à l’époque que sa maison de disque avait exigé que Jorge Ben devienne Jorge Benjor afin d’éviter précisément la confusion avec Georgen Benson, erreur trop souvent commise par les consommateurs étatsuniens (bien qu’ils soient – comme chacun sait – sensibles aux nuances et ouverts aux autres cultures).

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