Rogê, le prince du sambalanço

Découvrez Rogê, une étoile montante du sambalanço

Aujourd’hui, je vous présente un artiste qui mérite vraiment votre attention avant qu’il ne deviennent célèbre. Son nom est Rogê, un chanteur, guitariste et auteur-compositeur qui fait danser les cariocas chaque dimanche soir à la Carioca da Gêma, située au cœur de Lapa. Son genre musical de prédilection est le sambalanço, inspiré par les légendes comme Jorge Benjor et Tim Maia. Il est prédit qu’il pourrait connaître une carrière aussi prolifique que celle de Seu Jorge, si seulement il acceptait de s’exporter hors de son pays.

Une carrière prometteuse à Rio

Rogê n’est pas un inconnu dans la scène musicale de Rio, ayant déjà sorti trois albums : « Rogê » en 2003, « Brasil em Brasa » en 2007, et « Fala Geral » en 2010. Il a également collaboré au projet Quatro Cabeças, produisant un album très acoustique aux côtés de Maurício Baia, Luiz Carlinhos et Gabriel Moura. Surtout, il a joué un rôle clé dans le récent album de Seu Jorge, intitulé « Musicas para Churrasco », où il intervient en tant que compositeur et chanteur. Son créneau est le sambalanço, un savant mélange de samba et de funk qui vous fait bouger et danser à coup sûr !

Une soirée inoubliable à la Carioca da Gêma

Arrivant tôt après un délicieux dîner à la Nova Capella de l’autre côté de la rue Mem de Sá, j’ai eu la chance de croiser l’équipe de Rogê avant son arrivée sur scène. Parmi eux se trouvait le talentueux bassiste Matheus Alcântara, qui le suit depuis neuf ans, ainsi que le jeune batteur Daniel Conceição, qui se distinguera par ses performances. Marcelo Moreira, le percussionniste, assure avec brio. Marlon Sete au trombone, Jeferson Victor à la trompette et Zé Bigorna au saxophoniste complètent la section des cuivres avec une énergie contagieuse. Tous s’accordent à dire que Rogê est un véritable musicien, signe d’une belle complicité sur scène.

Un set captivant

Le premier set débute avec des enchaînements fluides de ses propres morceaux, entrecoupés de classiques. Les influences de Jorge Benjor, Seu Jorge et Tim Maia sont rapidement perceptibles. Parfois, on reconnaît la guitare de João Bosco, notamment à travers une excellente reprise de « Incompatibilidade de gênio ». J’éprouve un fort parallèle avec Prince de l’époque dorée, observant sa capacité à passer d’un rythme funk entraînant à une ballade romantique. Rogê se révèle être un bon guitariste, un chanteur stylé, et un entertainer hors pair.

Une expérience visionnaire et humoristique

Ce musicien sait comment faire danser son public, et il ne manque pas d’humour, glissant quelques mesures de « Deixa » ou « Aquarela do Brasil » au milieu de ses morceaux. Quelle performance ! Des morceaux comme « Diga sim », « Chiclete com Banana », et un break instrumental incroyable sur « Samba do Avião », sans oublier « Vai balançar » et le classique « Mas que Nada »… La manière dont il équilibre les chansons et les intermèdes instrumentaux donne une dynamique incroyable à son premier set. Quinze minutes plus tard, il réitère avec un « Quero você Menina » qui ravirait Tim Maia.

Une ascension imminente

Bien que Rogê n’ait pas encore beaucoup voyagé en dehors du Brésil, un concert est prévu à New York en mars. Il n’a jamais effectué de tournée en Europe. Mon ami Olivier Cathus et moi croyons fermement que sa carrière pourrait décoller prochainement, à condition qu’il ait un manager et une production à sa hauteur, et qu’il ait réellement l’envie de s’internationaliser ! Son quatrième album, intitulé « Quatro », est prévu pour bientôt.

Restez à l’affût pour une interview avec Rogê qui sera publiée ici prochainement. En attendant, vous pouvez trouver une critique détaillée de son album « Fala Geral » sur le site du Docteur Funkathus.