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BossaNovaBrasil | 29 mars 2017

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Le tube de la musique sertaneja

Le tube de la musique sertaneja

Je vous l’ai dit et répété, la musique brésilienne n’est pas faite que de sambas de carnaval, de bossas sirupeuses ou de forros chaloupés. Au Brésil, il y a des groupes de rock (et non des moindres), des jazzmen, du hip-hop, du rap, de l’électro… et beaucoup, beaucoup de musique sertaneja. Que l’on appelle aussi « sertanejo ». Alors aujourd’hui on écoute un morceau classique du genre : Saudade da minha terra.

Musique Sertaneja ou caipira ? La question revient à chaque fois que je diffuse une chanson do interior sur ce blog. Je m’y fais régulièrement sermonner. Pour le commun des mortels (brésiliens), sertaneja ou caipira, c’est blanc bonnet, bonnet blanc. Pour les exégètes, il ne faudrait pas confondre les torchons et les serviettes. Et quant aux français, ils n’en ont généralement rien à cirer.

Vous valez mieux que cete ignorance coupable. Alors pour nous cadrer un peu, je vous propose d’écouter la même chanson à travers les âges. Cette chanson, Saudade da minha terra (« ma terre me manque »), a été écrite par le compositeur goianais Goiá, et enregistrée pour la première fois en 1966 par le duo Belmonte e Amaraí.

Il existe des chansons caipiras bien plus anciennes, comme par exemple Cabocla Tereza (1936) ou Mula Preta (1945), toutes deux enregistrées par Raul Torres e Florêncio. Ce sont alors des musiques tournées vers la terre, jouées par des musiciens ruraux, avec des paroles qui décrivent la rude vie des villages de l’intérieur. Mais Saudade da minha terra lança un nouveau cycle dans ce genre musical, avec des thématiques nées de l’exode rural et de ces paysans qui quittèrent leurs terres pour chercher fortune (et souvent trouver misère) dans les grandes villes du Sud-Est.

Avec l’original (1966) de Belmonte et Amaraí, pas de doute : on est dans la tradition caipira. Il n’y a que la thématique qui évolue.

Cette version de 1980 est très connue aussi, on la doit à Milionario e José Rico :

La voilà reprise par Chitãozinho & Xororo, avec un dobro qui sonne franchement country western. Le pas est franchi : c’est du sertanejo, et ces deux-là n’ont pas du beaucoup garder les troupeaux.

Et le meilleur du pire : le redoutable Michel Telô et ses fans en pâmoison dans un exercice de « sertanejo universitario » de la pire espèce. Pour l’authenticité, on repassera. Et pour le talent, euh… à vous de voir.

Pour en écouter encore, je vous conseille ce blog brésilien :

http://universosertanejo.blogosfera.uol.com.br

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