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BossaNovaBrasil | 29 mars 2017

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Les bailes funk de Vincent Rosenblatt

Les bailes funk de Vincent Rosenblatt

Vincent Rosenblatt est un photographe français formé aux Beaux-Arts et dans l’atelier de Lesly Hamilton. Il habite à Rio depuis 2002, et y réalise un travail artistique de premier ordre sur la vie des favelas. Authenticité, exigence et beauté : des photographes comme lui il n’y en a pas beaucoup.

  • Son site vous propose d’admirer différentes séries :
  • Rio Baile Funk ! Favela rap
  • Technobrega : la religion des soundmachines
  • Bate bola : le carnaval secret de Rio
  • En forêt avec les Yanomami

Je vous invite à aller regarder pour commencer ses magnifiques photos de baille punk. C’est à leur propos que Vincent Rosenblatt a récemment donné une interview à Catraca Libre (São Paulo). Pour les non-lusophones, en voici une traduction sommaire :

« J’habitais à Santa Tereza et j’entendais les infra-basses et les paroles des funks du baile de Santa Amaro. Elles brisaient les interdits, tant sur les questions sexuelles que sur les guerriers du trafic. Et j’ai ressenti une vérité très cruelle de ce qui se passait dans la ville. Plus tard, vers 2005, j’ai acheté un CD de Mr. Catra, ‘O Fiel’avec du « funk conscient » (à résonnance sociale, NDT). C’était un vrai guide de survie du passage de la favela à l’asphalte (les rues goudronnées, hors des favelas), encore valable aujourd’hui.

Je n’ai pas résisté et je me suis retrouvé dans un bal funk de la zone ouest, le Castelo das Pedras  (…) Coup de chance, les patrons du bal m’ont autorisé à faire des photos et j’ai rencontré quelque chose qui allait m’occuper pour un bon moment… Voilà déjà neuf ans que j’ai commencé à photographier les bailes funks, et je ne me suis pas arrêté. J’y ai déjà passé plus de 400 nuits, en plus de photographier la vie des funkeiros et le quotidien de la culture funk.

Rio-Vincent-RosenblattComment la pacification des favelas a t-elle transformé les bailes punk ? Pour moi, c’est une opportunité perdue pour la culture et la politique culturelle. Les habitants n’ont besoin de personne, ce sont des spécialistes de production culturelle. Il y a des familles qui vivent des bailes funk : techniciens du son, échoppes de nourriture, MCs, DJs, des milliers de personnes – bien plus que celles qui vivent du trafic. Que vont-elles devenir ? Le funk touche toute la périphérie, toute la jeunesse afro brésilienne carioca.

La face réelle de la « pacification » a été de transformer les favelas en dortoirs, où le peuple n’a plus le droit d’écouter ses musiques et d’organiser ses fêtes. Qu’est-ce que ça aurait coûté d’y mettre quelques policiers et de laisser les bals continuer ?
Les autorisations de baile funks sont sous l’autorité des commandants des UPP (unités de police de pacification, commissariats récemment installés dans les favelas de la zone sud, NDT). La majorité d’entre eux sont des évangéliques ou des gens très rigides qui pensent savoir ce que la jeunesse peut ou doit avoir le droit de faire.

(…)
Le plus absurde, c’est de devoir aller dans un club d’Ipanema ou de Copacabana pour jouer le son des bailes. Alors que dans la favela, là où tout a commencé, la jeunesse vit dans le silence et la précarisation économique. C’est un véritable apartheid culturel.

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