Une expérience musicale à Paris
Chaque jeudi, un bistro situé aux Buttes Chaumont se transforme en un véritable petit coin du Brésil grâce à un groupe de musiciens passionnés qui font résonner le choro avec joie et simplicité.
Des musiciens aux origines variées
Parmi les participants, on trouve des artistes parisiens, bretons, bulgares et chiliens. Au bar Les Lauriers, des talents se réunissent : Martina, flûtiste, et Minh, guitariste à sept cordes, partagent une formation classique. Bruno, à la mandoline, a longtemps joué exclusivement du bluegrass. Quant à Marcos, le clarinettiste, il a un solide bagage en jazz. Anne et Yasser excellent dans l’art de jouer le pandeiro brésilien, tandis que Clémentine a affûté ses compétences à la guitare à l’Escola Portatil de Rio.
Inspiration et préparation
Ils s’inspirent de légendes telles que Pixinguinha, Chiquinha Gonzaga, Ernesto Nazareth ou Jacob do Bandolim. Leur référence incontournable est le gros volume publié par le regretté Almir Chediak. Chacun arrive avec ses recueils, bourrés de partitions glanées sur le site samba-choro ou échangées de mains en mains. Le choro, une musique considérée comme « savante », demande un travail intense, chaque instrumentiste devant préparer ses morceaux avant de se retrouver ensemble.
Une ambiance conviviale sous la direction musicale de Thierry Moncheny
Sous la direction de Thierry Moncheny, guitariste à sept cordes (absent lors de ma visite), la roda offre une ambiance chaleureuse tout en enchaînant les standards du choro, une musique instrumentale typiquement carioca née il y a plus d’un siècle grâce à la fusion de la polka, de la valse et des musiques africaines.
Un décor éclectique et une atmosphère décontractée
Sur les murs du café, un drapeau argentin (!), curieusement accroché à l’envers, attire l’attention – Clémentine m’expliquera que chaque mercredi, le guitariste argentin Rudi Flores y interprète des tangos et des milongas. Sous le ventilateur, la bière se boit (à seulement deux euros le demi, c’est une bonne affaire) comme à Rio. Les marques changent, mais ici, le silence religieux n’est pas de mise – il en résulte un enregistrement musical quelque peu aléatoire. Vous trouverez ci-dessous un extrait pour vous inciter à les rejoindre.