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BossaNovaBrasil | 11 décembre 2017

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João Gilberto de New York à Sampa

C’est à New York que João Gilberto enregistre en 1976 le disque « Best of two worlds », à nouveau avec Stan Getz. Mais le rapport de force s’est inversé. C’est maintenant João Gilberto qui mène la danse, et Getz apparaît un peu comme un soliste invité – sans compter le mixage qui n’a rien à voir avec celui des années 60. L’album compte un standard de jazz : Just One of those things, de Cole Porter (1), où João abandonne sa rythmique bossa pour une pompe swing. Getz assure un contrepoint derrière sa voix et celle de Miúcha.

La plupart des morceaux brésiliens viennent directement de l’album blanc, sauf un sublime Retrato em Branco e Preto, et Chovendo Na Roseira sous son titre américain : Double Rainbow, que je vous recommande d’écouter tout de suite :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

L’année suivante sort un nouvel album, Amoroso, qui sera nominé aux Grammy en catégorie « Jazz vocal » ( ! ). Le disque est très grassement orchestré par Claus Ogerman qui avait déjà beaucoup violoné pour Tom Jobim. Dans Amoroso, qui n’est pas mon préféré, ni celui de João, justement à cause de ces d’arrangements (2), on entend pour la première fois un ‘Estate’ qui n’a plus rien à voir avec la chansonnette italienne d’origine. Et aussi ‘S’ wonderful, Caminhos cruzados, Tim Tin por Tim Tin… en plus de ses favoris du moment : Besame Mucho, Triste, Wave, Retrato em branco e preto.

Dans le même temps, João consent à donner des concerts en Californie, ainsi que des concerts télévisés à Salvador et São Paulo, et jusqu’au Carnegie Hall aux côtés de Charlie Byrd et…  Stan Getz.

João Gilberto rentre à Rio

joao gilberto et caetano velosoEn 1980, après 18 ans passé à l’étranger, João rentre à Rio. Il s’installe dans un apparthotel, au 29ème étage d’un immeuble de Leblon. On ne le voit pas déjeuner ou dîner dehors, il ne fréquente ni bar ni boîte ni cinéma. Comme dit le journaliste Ruy Castro (3), « comparé à João, certains moines tibétains ont une vie nocturne digne des colonnes des tabloïds ». Il joue dans une émission de TV Globo dont la chaine fera un disque, enregistre en 81 un album « de bahianais » avec Caetano Veloso, Gilberto Gil et Maria Bethânia : Brasil. Malheureusement la prise de son n’est pas fameuse et donnera lieu à des embrouilles sans fin. L’esprit en revanche est excellent.

Tout au long des années 80, quand João sort de chez lui, c’est généralement pour une série de concerts. Parmi eux, le Festival de Montreux (86) et celui d’Umbria (New York) donneront lieu à des enregistrements sortis en disques bien plus tard. En 1989, j’ai le plaisir de l’écouter pour la première fois à Paris, à l’Olympia si je me souviens bien. Ecoutez donc Preconceito, de Wilson Batista, à Montreux :

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joaoIl se pose à nouveau, et prépare le CD « João » qui sort en 1991. On y retrouve une rythmique dans l’esprit de l’album blanc, une orchestration de Clare Fischer largement plus subtile que celle d’Ogerman, et un João au sommet de son art, tant à la guitare qu’au chant. Chaque morceau est un petit bijou. Citons en vrac : You do something to me (Cole Porter), Ave Maria no Morro (Herivalto Martins), Malaga, Eu sambo mesmo, Eu e meu coração, Palpite infeliz, un émouvant hymne à São Paulo écrit par Caetano Veloso : Sampa… Et aussi « Que reste t-il de nos amours », que j’aurai le bonheur d’entendre lors de son concert suivant à Paris… J’en tremble encore !

Je n’ai pas trouvé de vidéos de Sampa en concert, mais ce montage est assez réussi et vous y entendrez la version du disque.

A demain pour connaître la date du prochain concert de João Gilberto !

Notes :
(1) Cole Porter dont les chansons sonnent merveilleusement en bossa, vous avez remarqué ?
(2) mais je connais de grands amateurs qui ne jurent que par Ogerman !
(3) Ruy Castro, A Onda que se ergueu no Mar

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