Jackson do Pandeiro, l’autre roi du Forró

jeu, fév 9, 2012

Samba

Jackson do Pandeiro, l’autre roi du Forró

Le pandeiro, c’est un peu la batterie du pauvre, la washboard brésilienne. Avec un pandeiro, on peut jouer tous les rythmes du Brésil, sauf un. Car depuis João Gilberto, si on entend du pandeiro, ça n’est pas de la bossa nova ! Aujourd’hui je voulais vous parler du héros du pandeiro: José Gomes Filho, alias : Jackson do Pandeiro. Il y aura bientôt trente ans qu’il joue avec les anges.

José est né en 1919 dans le Paraiba, en plein Nordeste. Trop fauchée pour lui acheter l’accordéon de ses rêves, sa mère, musicienne et chanteuse, lui offre un pandeiro pour ses dix ans. Le pandeiro, on le rappelle en passant, c’est ni plus ni moins ce que nous appelons chez nous un tambourin*. Le petit garçon montre vite des signes de talent musical, il accompagne sa mère, et se consacre bientôt entièrement à la musique, à commencer bien sûr par le forró.

Il lui faut attendre d’avoir 35 ans pour connaître son premier grand succès : Sebastiana, de Rosil Cavalcanti. A partir de là il enregistrera plus de trente albums, dans tous les styles du Nordeste : baiãos, des cocos, des rojãos…, mais aussi des sambas et des marchinhas de carnaval. Il s’est installé à Rio, et travaille à la Radio Nacional ainsi que dans d’innombrables bars et cabarets. C’est là qu’il lance ses tubes : Chiclete com Banana, de Gordurinha et Almira Castilho, Um a Um, o Canto da Ema… Il grave plus de trente disques à partir de 1955, connait un petit passage à vide à la fin des années 60, mais se remet vite à travailler avec Gilberto Gil et Gal Costa, jusqu’à sa mort brutale en 1982.

Jackson do Pandeiro, surnommé « le roi du rythme » est resté fameux pour sa manière de décomposer les musiques – on dit que João Gilberto l’a beaucoup écouté au moment où il cherchait la nouvelle batuque de la samba, et c’est probablement vrai. Mais au delà, c’est d’abord un grand représentant du génie brésilien : un homme de mélanges et de mariages, au delà des règles académiques et des rigidités stylistiques, à mille lieues de Luiz Gonzaga. Les amateurs de ballon rond comprendront ce que veut dire Alceu Valença : « Si le grand Gonzaga est le Pelé de la musique, Jackson en est le Garrincha ».

Ecoutez Jackson dans l’immortel Chiclete com Banana !

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* là où ça se complique, c’est qu’il y a aussi un « tamborim » dans les percussions brésiliennes, mais que ça n’a rien à voir…

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