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BossaNovaBrasil | 30 avril 2017

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Gabriela, et de trois !

Jorge Amado aurait cent ans cette année (il est mort en 2001). La télévision brésilienne marque le coup : TV Globo diffuse une nouvelle adaptation de son plus célèbre roman, « Gabriela, girofle et cannelle ». C’est la troisième version télé depuis la publication en 1958 de cette œuvre iconique. Pour en parler, notre ami Victor de Staël (*) fait feu de tous bois.

La telenovela fait l’événement. Ou plutôt l’actrice qui interprète le rôle-titre : Juliana Paes, star des séries TV, mannequin vedette et muse de Viradouro lors du dernier Carnaval de Rio. Elle succède à Sonia Braga, qui avait incarné l’héroïne en 1975 (déjà sous les couleurs de TV Globo) et qui donnait alors la réplique à Marcello Mastroianni, son mari et patron de bar dans la série.

Rappelons à l’attention de qui n’aurait jamais entendu parler de ce livre qu’il raconte l’histoire de la belle Gabriela – dont la peau fleure bon la girofle et la cannelle -, une mulâtresse ingénue et libérée, sauvage et sensuelle, qui trompe à gogo son époux sur fond d’intrigues politiques et de luttes économiques dont je vous épargne le détail.

Pour les besoins de la cause, Juliana Paes a dû se faire poser des extensions, laisser ongles et sourcils au naturel, brunir sa peau par des séances d’UV, mais aussi prendre des cours de diction pour maîtriser l’accent bahianais.

L’actrice se plaît à souligner que le roman d’Amado est « traversé d’éclats de sensualité » … et que son adaptation télévisuelle se doit de respecter cette dimension. On la croit sur parole ! Le réalisateur a pu être d’autant plus fidèle à cette (très) ardente obligation que le programme (77 épisodes au total) est diffusé à 23 heures, donc à un moment où les jeunes sensibilités sont supposées faire de beaux rêves enfantins.

Laissons le dernier mot au réalisateur, Mauro Mendoça Filho : « Le sexe fait partie de la vie de n’importe quel citoyen. Pourquoi l’intimité serait-elle taboue ? Gabriela a une sexualité très libre, elle a été déflorée par son oncle dans le Sertao et n’a pas une conception très claire de ce qui est bien ou pas, de ce qui est interdit ou non. Elle a envie de coucher, elle couche. Mettre cela en scène avec trop de pudeur, c’est risquer de perdre beaucoup de l’œuvre ».

*

Merci Victor. Pour illustrer ce sujet, la belle Juliana Paes ne suffisait pas. Ecoutons Gal Costa dans le thème « Modinha pra Gabriela ».

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

(*) Victor de Staël est journaliste indépendant. Il collabore à différentes revues littéraires et artistiques et travaille avec des agences de content marketing… dont la mienne ! Ancien élève de Eton College et diplômé en art et en gestion de l’Université de Columbia, il prépare un dictionnaire du story-telling.

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