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BossaNovaBrasil | 21 août 2017

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6 Commentaires

Elza Soares, de la misère à la samba

Mariée à 12 ans, mère à 13 ans, veuve à 18 : la vie de la chanteuse Elza Soares est un roman rempli de samba. Sortie de la misère la plus noire par la grâce de sa voix, elle sera mariée pendant quinze ans à Garrincha la légende malheureuse du football. Avec des tubes innombrables et une histoire personnelle exceptionnelle,  Elza Soares tient une place à part parmi les grandes figures de la chanson brésilienne.

« Petite négresse sous-alimentée descendue de sa favela » comme elle se décrivait lors d’une interview qu’elle accorda à Bruno Ribeiro en 2008, elle est candidate à une émission genre « Nouvelle Star » présentée par Ary Barroso. Elle est alors maigre comme un clou. A la question moqueuse du compositeur : « Mais de quelle planète tu viens ? », elle répondra comme une gifle : « Je viens de la planète Faim ». Et elle rafle le premier prix.

Née en 1937, voilà donc 60 ans que Elza chante, avec un registre vocal unique en son genre, mêlé de jazz et de samba, souvent comparé avec celui de Louis Armstrong. On ne compte plus ses succès, qui vont de la samba de tradition à l’électro hip-hop avec Kid Abelha et Marcelo D2. Retrouvez d’abord cette égérie dans cette samba enregistrée en 1969 chez Odéon : « Quero morrer no Carnaval » – je veux mourir au Carnaval.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Et ensuite en 2007, dans une samba pleine de feeling : « Pranto Livre ».

PS : en attendant de mourir au Carnaval, Elza vit avec le cinéaste Bruno Lucide, lequel a juste 46 ans de moins qu’elle. Ils se marient d’ici peu. La vie continue !

Retrouvez Elsa Soares sur ce blog (en portugais).

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Commentaires

  1. En suivant ton lien vers son blog, je suis tombé sur cette vidéo très surprenante de « Lingua » qu’elle interprète avec Caetano. Filmé dans une soirée où ça papote dans tous les coins, où on voit Gil assis sur la moquette et certainement d’autres que je n’ai pas reconnu, on se demande s’il n’y a pas erreur, si c’est bien supposé être « Lingua »… Le temps tourne, toujours ça cause, toujours pas de musique… A une minute de la fin, enfin, Caetano commence à chanter… Et dans les quelques dernières secondes, apparaît Elza dans un coin de l’écran, au premier plan, telle une apparition, qui donne de sa voix de folie, délirante, et qui te récompense amplement d’avoir attendu jusque là !

  2. laurence

    quelle voix!…qui colle le frisson.
    Mais est ce que la mélodie jouée par le saxophone n’aurait pas à voir avec une vieille chanson de Gilbert Bécaud « je reviens te chercher » dont Gilbert, donc, serait le compositeur?

  3. En cherchant un peu, l’extrait où Caetano et Elza chantent « Lingua » proviendrait du long métrage réalisé par Caetano lui-même en 1986, O Cinema Falado. Si tout le film est du même tonneau, même les insomniaques devraient faire de beaux rêves en le regardant ! Heureusement Elza vient faire sa folle quelques secondes !

  4. Thierry

    @ DrFunkathus : « Ma patrie, c’est ma langue » dit Caetano en citant le poète portugais Fernando Pessoa…

    @Laurence : euh, non, je ne crois pas que Monsieur Cent Mille Volts ait quelque chose à y voir 🙂 L’harmonie suit un « plan » très utilisé, par exemple dans « les Feuilles Mortes ».

    Les paroles disent à peu près ceci – et démontrent une nouvelle fois que la samba, c’est fort comme le Blues :

    « Pleure, soulage ta poitrine,
    Pleure, tu as le droit.
    Quand il s’agit d’amour,
    Tout le monde peut pleurer.
    N’ai pas honte de pleurer, c’est
    Le privilège de ceux qui connaissent l’amour.

    Celui qui n’aime pas, il n’a jamais souffert
    Il ne connait pas cette agonie.
    Ouvre le couvercle et libère tes larmes
    Ah, pour sortir de la mélancolie. »

  5. laurence

    Gotferdoume! moi qui croyais avoir eu l’ouie fine… effectivement ‘les feuilles mortes’et sûrement plein d’autres…? Mais comment lutter contre la force d’évocation d’une phrase musicale, aussi bateau soit-elle? Gilbert, si tu m’entends!
    (peut-être a-t-il eu la chance de croiser la somptueuse Elza?)

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