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BossaNovaBrasil | 29 mars 2017

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Clarice Magalhães : choro, mer et pandeiro

Clarice Magalhães : choro, mer et pandeiro

Clarice Magalhães n’est pas l’héritière d’une lignée de héros de la samba ni d’exégètes du choro. Elle n’est pas née dans un morro, mais à Copacabana, et n’a pas fait ses humanités dans la rue, mais au collège du Sacré Cœur de Marie. A la rencontrer, elle ressemble plus à une jeune femme sage qu’à une passionaria de Lapa. Faut-il se fier aux apparences ?

Rendez-vous au 126 avenida Mem de Sa, là où le mari de Clarice a installé un lieu dédié aux musiciens du quartier, où ceux-ci peuvent lire, se rencontrer au calme, donner des interviews. A l’étage on trouve une petite salle de concerts idéale pour les pocket shows et les enregistrements. La musicienne arrive à l’heure.

Cousine du chanteur Cazuza, Clarice Magalhães découvre la MPB, la samba et le choro en écoutant les nombreux disques que sa mère collectionne à la maison. C’est pourtant dans un cours de théâtre qu’elle découvre ce qui allait devenir son instrument de prédilection : le pandeiro, poussée par l’exemple de son ami Pedro Miranda. Par la suite elle prendra des cours avec Marcos Suzano, Moreno Veloso et d’autres.

« Le pandeiro est un instrument très complet. Quand vient la technique, les possibilités deviennent très nombreuses ». A condition de choisir le bon style ? « Le choro est la musique dans laquelle le pandeiro est le mieux à l’honneur. Il n’a pas à composer avec les surdos ou les autres percussions de la samba. Il doit se débrouiller tout seul et se réinventer à chaque fois ».

Clarice commence l’aventure « Choro na Feira » en 2000, aux côtés de musiciens de 20 ans ses aînés : Ignez Perdigão, son cavaquinho et ses deux maris : le clarinettiste Marcelo Bernardes, et Franklin le flûtiste. Domingos Teixeira, guitariste et Matias Correa, le contrebassiste complètent la bande qui se retrouve alors chaque semaine sur une place à peu près déserte de Laranjeiras, avant d’investir Le Rio Scenarium et la Carioca da Gêma à Lapa avec la grande renaissance des musiques instrumentales. Le groupe a sorti à ce jour trois albums – le plus récent, Pedra Riscada, en 2011.

Mais Clarice a aussi envie de chanter. Alors en 2009 elle enregistre un CD de musiques originales, écrites et composées pour elle notamment par Edu Krieger, Sergio Fonseca, Marceu Vieira, Roberto Martins… et Tuninho Galante, qui assure en outre la production musicale du disque (paru chez Cedro Rosa). On y entend des sambas traditionnelles, mais également une samba de chula (Temp Bom), une valse, une ciranda (Edu Krieger) et même un fado de Quissamã (Boi surubim). Dans un style discret, clair, sans effet, voire un peu réservé, la voix de Clarice fait vivre cette diversité sans se prendre pour une autre – un disque qui se laisse écouter avec plaisir. En voici « Meu Saravá » écrit par Tuninho Galante et Marceu Vieira.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Clarice a monté récemment un orchestre de pandeiros, seize en tout. Elle est également professeur de pandeiro, et enseigne à une quarantaine d’élèves chaque mardi à Laranjeiras (« Maracatu Brésil »). Je l’interroge sur l’apprentissage du pandeiro. Clarice m’explique qu’une heure de cours suffit pour commencer et pouvoir accompagner une chanson. Pour le reste, me dit-elle, « voilà quinze ans que j’y travaille ! ».

Maracatu Brasil, rua Ipiranga, 49, Laranjeiras. Tous les mardis à 19 :00. J’ai essayé, et j’en ai conclu que j’étais plutôt fait pour jouer du surdo !

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