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BossaNovaBrasil | 24 novembre 2014

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Aurélie et Verioca. Naturelles, pas naturalisées.

Aurélie et Verioca. Naturelles, pas naturalisées.

Aurélie et Verioca rentrent de leur première tournée brésilienne. Je les rencontre à Paris la veille de leur passage au Petit Bain aux côtés de Casuarina. Il fait un jour de canicule bienvenue. La rue du 18ème est bruyante, souriante et multicolore. J’entends le chant et la guitare depuis le palier. Pour un peu on se croirait à Rio. Interview exclusive.

Voici quelques mois, mon ami Olivier Cathus avait interviewé Aurélie et Verioca à Montpellier – une rencontre à lire sur son très bon site afro-sambas. Les duettistes lui avaient annoncé leur prochaine tournée au Brésil. J’ai décidé de compléter son travail en allant recueillir le récit de leur voyage.

Il y a cinq ans (en 2007) que les deux filles ont commencé à jouer ensemble. Mais le vrai déclic est arrivé en 2010, quand elles se sont mises à écrire des chansons, Verioca pour la musique et Aurélie pour les paroles en français et en portugais. « Cela faisait des années que je repiquais des milliers de morceaux, que j’écrivais des intros, des ponts, des codas… et même des chansons ! Mais travailler avec Aurélie a ouvert de nouvelles dimensions », avoue Verioca.  Guitariste, auvergnate, médaille d’or du conservatoire de Clermont, travailleuse, perfectionniste, Verioca continue d’apprendre avec les meilleurs et de pratiquer, en plus de son instrument, les percussions, le cavaquinho… et l’art du beatbox, comme elle le montrera le lendemain lors du concert au Petit Bain.

Aurélie s’est immergée bien plus récemment dans la musique brésilienne, à partir de 2004. C’est bien chez son père, artiste peintre et pianiste qu’elle a entendu pour la première fois Vinicius de Moraes , Maria Creuza et Toquinho à la Fusa. Elle est passée par la case jazz – c’est dans le Realbook qu’elle a rencontré ses premières bossas. Jusqu’à ce que le Brésil et ses rythmes s’emparent de son esprit…

« C’est quoi votre objectif musical ? » ai-je demandé à tout hasard après avoir avalé d’un trait mon premier verre d’eau.

Aurélie n’hésite pas un instant : « Donner de la joie ». Verioca complète : « Combattre la tristesse ». La Samba da Benção vole au-dessus de nos têtes. Saravah ! J’en viens au sujet de mon article.

Racontez-moi votre première tournée au Brésil

photo Lilian Macedo

A l’arrivée, passage chez Philipe Abreu (le frère de Fernanda), coach vocal avec lequel Aurélie travaille depuis 2005. « Une heure ensemble, pour un dernier conseil et me rassurer un peu », avoue la chanteuse. « Il nous a dit de ne pas dépasser une heure et quart ». Le programme (roteiro) des concerts faisait la part belle à la promotion du disque des deux artistes, Além des Nuages, dont Olivier nous a parlé ici.

Finalement elle joueront une heure et demie le 11 mai au CCC. Salle pleine – cent personnes. Ambiance recueillie, public attentif, réceptif, presque contre toute attente. « On avait repéré la table d’un dîner d’anniversaire, 23 assiettes, et on flippait un peu… mais finalement tout le monde nous a écouté. » Le duo se produisait en compagnie de Paula Santoro, sur laquelle elles ne tarissent pas d’éloges. Et aussi : Rafael Vernet (Piano), Aline Gonçalves (flute basse) et Naife Simões (percussions et ancien beatboxer de BR6)

Pour leur premier passage officiel à Rio, Aurélie et Verioca avaient bénéficié d’une belle couverture média : une demie page dans Globo avec photo, un passage télé sur Globo News, une émission radio… Le tout sans attachée de presse : le clip de Reconciliação avait damé la route, une utilisation intelligente de Facebook a fait le reste. Premier concert, premier succès. On respire.

En avant pour Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais et berceau de nombreux musiciens parmi lesquels Aline Calixto, Luiz Bonfa etc. Lilian Macedo, productrice à BH, avait elle aussi bien fait les choses. 15 mai, concert au Museu de Arte & Oficios, une gare coloniale avec une réverbération… de hall de gare (mais un bon sonorisateur, corrige Véronique). Concert avec la chanteuse Paula Santoro et Ricardo Cheib (percussions).

Deuxième date à BH, cette fois au SESC Palladium, qui organise chaque vendredi à midi un concert dans son foyer ouvert sur la rue. Puis troisième concert mineiro, à l’invitation de Treize Cordas, deux guitaristes – 6 cordes + 7 cordes = 13. Ca commençait à faire beaucoup de guitares, alors Veronique a joué du cavaquinho (13 + 4 = 17) auquel Aurélie a ajouté ses deux cordes vocales pour arriver à 19 ! Là-aussi, belle écoute, et très bons commentaires de la part d’un public qui passe de la curiosité à l’admiration.

Arrivée à São Paulo. C’était la première fois que Véronique y mettait les pieds en treize séjours au Brésil. Installation dans l’agréable et bien nommé quartier Paraiso. Et en avant pour le Centre culturel Zona Norte et la session « Sexta Sonora ».

Qu’alliez-vous chercher au Brésil ? Un genre de certificat d’authenticité ?

Véronique : Oui et non. On est fières de ce qu’on fait, mais nous avions besoin de savoir comment les brésiliens le ressentent…

Aurélie : … et à la fois nous ne nous voulons pas brésiliennes. Nous sommes françaises, et on ne cherche pas à se faire naturaliser ! Mais c’était bon de sentir les brésiliens heureux , heureux de voir que leur musique était servie sans être trahie.

Véronique : Mes références sont 100% brésiliennes depuis très longtemps, mais la différence c’est que parce que nous sommes étrangères, notre vision est transversale, jamais enfermée dans une chapelle.

Aurélie : nous sommes à cheval sur les deux pays, et nous voulons rester naturelles.

J’ai l’impression qu’Aurélie et Vercioca sont passés de la prise de température au bonheur de jouer pour des spectateurs enthousiastes. Elles confirment. La file pour les autographes. Les mots gentils. Partager, donner de la joie : même volonté là-bas qu’ici.

Vous avez bien un mauvais souvenir quand même ?

Aurélie : oui, le froid à Belo Horizonte. Huit degrés le soir…

Véronique : et la douche qui n’était pas chaude ! Brrr…

Rien de plus grave ?

En fait… non !

Et à part les concerts ? Des rodas, des rencontres ?

Oui, nous avons fait le boeuf avec Eduardo Gudin au bar do Alemão, à São Paulo. Et la semaine précédente,
Verioca avait intégré une roda de choro, au pandeiro, au bar do Bolão de Belo Horizonte avec deux trombones qui débarquaient du Maranhão ! On a aussi joué au Centro Cultural da Juventude, en petit comité…

… et nous avons aussi participé à un concours de composition parrainé par Marcos Sacramento ! Nous ne sommes pas peu fières d’être arrivées troisièmes sur vingt…

Votre actualité ? Que faites vous cet été ?

Aurélie est la RP du duo : « Le 19 août on passe au Satellit Café, rue de la Folie Méricourt. Avant, le 14, nous sommes aux terrasses de Bercy. Le 5 octobre, à Lannester en Bretagne. Et… en novembre, nous repartons au Brésil pour une nouvelle tournée !

Je leur pose la question la plus bête du monde, genre « quel est votre rêve le plus fou ? ». Mais garde leurs réponses pour une prochaine fois. Car j’ai l’impression que cette première tournée brésilienne a réalisé un premier rêve venu de loin, et qu’il faut leur laisser le temps d’en profiter pleinement !

Leur site web : aurelieverioca.com/

Photo principale : Jose Menezes

Vendredi 29 Juin au Petit Bain, Aurélie et Verioca assuraient la première partie de Casuarina. Avec le groupe, elles ont chanté « Viver é ser feliz » (promis, la prochaine fois je n’oublie pas mon micro canon…)

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Commentaires

  1. Super, ça fait plaisir d’avoir de leurs nouvelles. Et le titre leur va très bien.

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